Un rapport inédit réalisé par l'ONG Bloom en collaboration avec The Shift Project révèle une réalité inquiétante pour la pêche maritime française : le carburant représenterait 84 % des émissions de CO2 du secteur. Cette étude, qui analyse l'empreinte carbone des pratiques de pêche, met en lumière des disparités importantes selon les méthodes employées.

Alors que la Bretagne et la Normandie, deux régions phares de la pêche française, sont directement concernées, ce bilan carbone pourrait bien accélérer la transition vers une pêche plus durable. Les auteurs du rapport appellent à une refonte des pratiques pour réduire l'impact environnemental d'un secteur clé de l'économie côtière.

Un bilan carbone contrasté selon les techniques de pêche

L'étude révèle que certaines techniques de pêche sont bien plus énergivores que d'autres. Les chalutiers, par exemple, émettent bien plus de CO2 que les petits bateaux de pêche artisanale. Des ports comme Brest ou Saint-Malo, où ces méthodes coexistent, pourraient être des terrains d'expérimentation pour des solutions plus vertes.

Les auteurs soulignent que la pêche durable n'est pas une utopie, mais une nécessité. Des alternatives existent, comme l'électrification des navires ou l'optimisation des trajets, mais leur adoption reste lente. Le rapport plaide pour des incitations financières et réglementaires pour accélérer cette transition.

Quelles solutions pour une pêche moins carbonée ?

Plusieurs pistes sont évoquées pour réduire l'empreinte carbone de la pêche française. L'amélioration de l'efficacité énergétique des navires, le développement des énergies renouvelables à bord, ou encore la réduction des distances parcourues pourraient faire une différence significative.

Des initiatives locales, comme celles menées dans le Pays de la Loire, montrent que des progrès sont possibles. Des pêcheurs de Saint-Nazaire ou La Rochelle ont déjà commencé à tester des solutions innovantes, comme des moteurs hybrides ou des filets moins énergivores.

Pourtant, malgré ces efforts, le secteur reste confronté à des défis majeurs. La pression économique, la concurrence internationale et le manque de soutien politique freinent souvent les initiatives locales. Le rapport appelle à une mobilisation collective pour faire de la pêche française un modèle de durabilité.

Alors que les enjeux climatiques deviennent de plus en plus pressants, la pêche française se trouve à un carrefour. Entre tradition et innovation, le secteur doit choisir son avenir. Une chose est sûre : le carburant, aujourd'hui responsable de la majorité des émissions, ne peut plus être ignoré. La transition énergétique de la pêche est en marche, mais elle devra s'accélérer pour répondre aux défis environnementaux.