Dans neuf jours exactement, le ciel nous offrira un spectacle céleste rare : une Superlune, un phénomène où notre satellite naturel, la Lune, atteint son périgée tout en étant pleine. Ce double événement astronomique, combiné à l’alignement Terre-Lune-Soleil, va accentuer l’influence gravitationnelle de la Lune sur nos océans, entraînant des marées plus fortes que la normale. Les prévisions des marégraphes confirment cette tendance, avec des coefficient de marée autour de 40 et des hauteurs d’eau record dans certaines zones comme Granville ou Saint-Malo.

Mais pourquoi une Superlune a-t-elle un impact sur les marées ? Explication des mécanismes en jeu, ainsi que les données précises attendues pour ce vendredi 24 juillet 2026.

Une Superlune : quand la Lune est à la fois pleine et au plus près de la Terre

Une Superlune survient lorsque deux conditions sont réunies :

  • La Lune est pleine (phase où elle est entièrement éclairée par le Soleil depuis la Terre).
  • Elle se trouve à son périgée, c’est-à-dire au point de son orbite le plus proche de notre planète (environ 356 500 km, contre 406 700 km à l’apogée).

Ce 24 juillet 2026, la Lune sera à la fois pleine et à son périgée, ce qui en fera une Superlune exceptionnelle. Cette proximité renforce son attraction gravitationnelle sur les masses d’eau de la Terre, provoquant des marées plus hautes et plus basses que d’habitude. Ce phénomène est appelé marée de vives-eaux, car le coefficient de marée (indice qui mesure l’amplitude des marées) est élevé.

En temps normal, le coefficient de marée varie entre 20 (marées faibles) et 120 (marées exceptionnelles). Ici, les prévisions autour de la Superlune oscillent entre 37 et 57, avec des pics à 57 le 27 juillet (soit trois jours après l’événement lunaire). Cette progression montre l’effet retardé mais prolongé de la Superlune sur les océans.

Pour rappel, le coefficient de marée est calculé en fonction de l’alignement Terre-Lune-Soleil et de la distance Terre-Lune. Plus les trois corps célestes sont alignés (conjonction ou opposition), plus le coefficient est élevé. La Superlune amplifie cet effet, car la Lune exerce une force gravitationnelle plus intense.

Quelles conséquences pour les côtes françaises ? Des marées géantes attendues

Les prévisions des marégraphes pour le 24 juillet 2026, jour de la Superlune, confirment cette amplification des marées. Voici les hauteurs d’eau enregistrées dans deux ports majeurs de Normandie :

À Granville :

  • Pleine Mer (PM) à 9,24 m à 01:22
  • Basse Mer (BM) à 5,10 m à 07:37
  • Pleine Mer à 9,33 m à 13:55
  • Basse Mer à 5,24 m à 20:29

À Saint-Malo :

  • Pleine Mer à 8,93 m à 01:22
  • Basse Mer à 4,79 m à 07:37
  • Pleine Mer à 9,01 m à 13:55
  • Basse Mer à 4,93 m à 20:29

Ces chiffres, supérieurs à la moyenne saisonnière, illustrent l’impact de la Superlune. Les marées de vives-eaux sont particulièrement sensibles dans les baies et estuaires où l’effet d’entonnoir amplifie encore davantage les hauteurs d’eau. Les pêcheurs, plaisanciers et autorités maritimes sont donc invités à redoubler de prudence.

Les jours précédents et suivants la Superlune voient également des coefficients élevés : 45/42 le 22 juillet, 49/57 le 27 juillet. Ce phénomène n’est pas isolé, mais s’inscrit dans une période de marées de vives-eaux prolongées, typique de l’été.

Des risques à anticiper : inondations, courants dangereux et conseils

Si les Superlunes sont des événements spectaculaires pour les astronomes, elles présentent aussi des risques pour les populations côtières. Voici les principaux dangers à surveiller :

  • Submersions marines : Les fortes marées peuvent inonder les zones basses, surtout lors des pleines mers de vive-eau. Les ports de Le Havre ou Dunkerque sont particulièrement exposés.
  • Courants violents : Entre la basse et la pleine mer, les courants sont plus forts, rendant la baignade ou la navigation périlleuse. Les baïnes en Nouvelle-Aquitaine ou les passages étroits en Bretagne sont des zones à risque.
  • Érosion côtière : Les vagues associées aux marées hautes peuvent accélérer l’érosion des falaises et des plages.

Les autorités maritimes, comme la SHOM (Service Hydrographique et Océanographique de la Marine), publient des bulletins de vigilance pour alerter les populations. Il est conseillé de :

  • Consulter les prévisions de marée avant toute activité en mer (horaires-maree).
  • Éviter de s’approcher des zones inondables ou des digues pendant les pleines mers.
  • Vérifier les restrictions de navigation ou de pêche dans les zones concernées.

Ces précautions sont d’autant plus importantes que les modèles climatiques prévoient une hausse du niveau de la mer à long terme, ce qui pourrait amplifier les effets des marées extrêmes.

Et après le 24 juillet ? La Lune continue son influence

L’effet de la Superlune ne se limite pas à une seule journée. Les coefficients de marée restent élevés plusieurs jours avant et après l’événement, comme en témoignent les données :

  • 22 juillet : 45 / 42
  • 23 juillet : 39 / 37
  • 25 juillet : 37 / 41
  • 26 juillet : 42 / 48
  • 27 juillet : 49 / 57

Ce pic tardif s’explique par le temps que met l’énergie des marées à se propager dans les océans. Les marégraphes enregistrent donc une amplification progressive, suivie d’un retour progressif à la normale. Pour les scientifiques, cette période offre une opportunité unique d’étudier l’impact des phénomènes astronomiques sur les océans.

En conclusion, la Superlune du 24 juillet 2026 sera bien plus qu’un simple spectacle céleste : elle générera des marées exceptionnelles, avec des hauteurs d’eau inédites dans certaines zones. Navigateurs, pêcheurs et riverains sont invités à rester vigilants et à se référer aux prévisions officielles pour éviter tout danger. Un phénomène à ne pas manquer… à condition de le contempler depuis un lieu sûr !