Consultez les horaires précis pour tous les ports français avec nos prévisions fiables
Que vous soyez marin confirmé, pêcheur du dimanche ou simple promeneur sur la plage, les horaires de marées ne sont pas qu'une simple information. C'est votre meilleur allié sécurité.
Chaque année en France, les pompiers interviennent plusieurs centaines de fois pour secourir des personnes piégées par la marée montante. Le phénomène est particulièrement dangereux sur les côtes de la Manche où le marnage atteint facilement 10 à 14 mètres lors des grandes marées. La mer remonte à une vitesse impressionnante : jusqu'à 6 kilomètres par heure dans la baie du Mont-Saint-Michel, plus vite qu'un homme au pas de course.
En consultant les horaires avant votre sortie, vous évitez les mauvaises surprises. Un pêcheur à pied qui s'aventure trop loin à marée basse risque de se retrouver coupé du rivage en quelques dizaines de minutes. Les rochers qui semblaient accessibles deviennent soudain des îlots entourés d'eau, et le courant complique le retour. Sans parler des risques d'hypothermie si vous êtes contraint de patienter plusieurs heures avant la prochaine basse mer.
Pour les navigateurs, l'enjeu est encore plus critique. Franchir un chenal ou une passe de port demande souvent une hauteur d'eau minimale. Trop d'équipages ont appris à leurs dépens qu'une quille talonne violemment le fond par manque de quelques centimètres. Les cartes marines indiquent les profondeurs, mais encore faut-il y ajouter la hauteur de marée du moment pour connaître le tirant d'eau réel disponible.
Au-delà de la sécurité, connaître les marées vous permet de planifier vos sorties au meilleur moment. Les pêcheurs à pied le savent bien : c'est aux alentours de la basse mer, et surtout lors des grandes marées (coefficient supérieur à 90), qu'on accède aux zones les plus poissonneuses. L'estran découvre alors des hectares de sable et de rochers habituellement immergés, où se cachent coques, palourdes, bigorneaux et crabes.
Les surfeurs, eux, guettent les coefficients et les horaires pour attraper les meilleures vagues. Chaque spot a ses préférences : certains fonctionnent mieux à mi-marée montante, d'autres réclament la pleine mer. Les kitesurfeurs et véliplanchistes scrutent également les marées car elles influencent directement les courants et la formation des vagues.
Même pour une simple balade sur la plage, consulter les horaires change tout. Vous voulez ramasser des coquillages avec vos enfants ? Programmez votre sortie deux heures avant la basse mer. Vous préférez une longue marche sur le sable ferme mouillé ? Partez juste après que la mer soit descendue. Envie de vous baigner tranquillement sans être emporté par le courant ? Privilégiez les mortes-eaux (coefficients entre 40 et 70) et évitez les heures de fort courant, c'est-à-dire mi-marée montante et mi-marée descendante.
Les marées représentent le mouvement vertical périodique du niveau des océans causé par l'attraction gravitationnelle de la Lune et du Soleil sur la Terre. Ce phénomène naturel rythme la vie littorale et influence de nombreuses activités maritimes : navigation, pêche, sports nautiques, observation de la faune.
Durée complète : environ 12 heures et 25 minutes entre deux pleines mers successives. Ce décalage quotidien de 50 minutes résulte de la rotation lunaire autour de la Terre.
Le coefficient quantifie l'amplitude de la marée sur une échelle de 20 à 120. Plus il est élevé, plus la différence entre haute et basse mer augmente.
La Lune est l'acteur principal des marées. Sa force d'attraction varie selon sa distance avec la Terre.
Le Soleil contribue également, surtout lors des alignements Soleil-Terre-Lune (syzygies).
La forme des côtes et du fond marin amplifie ou réduit les effets marégraphiques.
Vent, pression atmosphérique et tempêtes peuvent décaler les prévisions de 20 à 50 cm.
Pendant des millénaires, les marées ont fasciné l'humanité. De mystérieux mouvements cycliques que les anciens attribuaient aux caprices des dieux marins.
Les Grecs anciens avaient déjà remarqué le lien entre les phases lunaires et les marées. Aristote, au IVe siècle avant notre ère, notait que les grandes marées survenaient aux nouvelles et pleines lunes. Mais il faudra attendre près de deux mille ans pour qu'une explication scientifique solide émerge.
Au Moyen Âge, les moines installés sur les côtes bretonnes et normandes consignaient méticuleusement les horaires des marées dans des registres manuscrits. Ces observations servaient à la fois pour la pêche et pour la navigation. L'abbaye du Mont-Saint-Michel possédait des tables de marées dès le XIIIe siècle, indispensables pour anticiper les moments où la baie devenait praticable à pied ou nécessitait une embarcation.
En 1687, Isaac Newton publie les "Principia Mathematica" et explique enfin le mécanisme des marées par la loi de la gravitation universelle. La Lune et le Soleil exercent une force d'attraction sur les masses d'eau terrestres. Lorsque la Lune passe au-dessus d'un océan, elle "tire" l'eau vers elle, créant un bourrelet qui se déplace au gré de la rotation de la Terre. C'est brillant dans sa simplicité, et totalement révolutionnaire pour l'époque.
Newton démontre aussi pourquoi les grandes marées surviennent lors des nouvelles et pleines lunes : c'est à ces moments que le Soleil, la Terre et la Lune sont alignés, combinant leurs forces gravitationnelles. À l'inverse, lors des quartiers de lune, les deux astres sont perpendiculaires et leurs effets se contrarient, produisant des marées plus faibles appelées mortes-eaux.
La France dispose d'un réseau historique d'observation des marées, héritage d'une longue tradition maritime. Le Service Hydrographique et Océanographique de la Marine (SHOM), créé en 1720 sous Louis XV, est l'institution chargée de mesurer, analyser et prévoir les marées sur l'ensemble des côtes françaises.
Des marégraphes automatiques installés dans les grands ports enregistrent en continu les hauteurs d'eau. Brest possède l'un des plus anciens marégraphes au monde, en service depuis 1846. Ces appareils de haute précision permettent non seulement de valider les prévisions, mais aussi d'étudier l'évolution du niveau moyen des mers sur le long terme, un enjeu crucial face au changement climatique.
Les données collectées pendant des décennies permettent d'établir des annuaires de marées d'une précision remarquable. Le SHOM publie chaque année ses prédictions pour l'ensemble des ports français, avec des marges d'erreur de quelques minutes seulement sur les horaires et quelques centimètres sur les hauteurs. Une prouesse scientifique au service de tous les usagers de la mer.
Aujourd'hui, le calcul des marées combine observations satellites, modèles mathématiques complexes et puissance informatique. Les scientifiques décomposent la marée en une multitude de composantes harmoniques, chacune correspondant à l'influence d'un paramètre astronomique : rotation de la Terre, orbite lunaire, inclinaison de l'axe terrestre, excentricité des orbites... Plus de 400 composantes peuvent être prises en compte pour les prévisions les plus précises.
Ces modèles intègrent également la bathymétrie locale (la forme du fond marin), la configuration des côtes et les effets de résonance propres à chaque bassin. C'est ainsi qu'on explique pourquoi la baie de Fundy au Canada détient le record mondial de marnage (16 mètres), tandis que la Méditerranée connaît des marées quasi imperceptibles.
Avec 5 500 kilomètres de littoral métropolitain et plus de 7 000 kilomètres en incluant l'outre-mer, la France offre une diversité incroyable de phénomènes de marée.
La Manche détient les records européens de marnage. À Saint-Malo, Granville ou Cancale, le niveau de l'eau peut varier de 12 à 14 mètres lors des grandes marées d'équinoxe. Le spectacle est saisissant : en quelques heures, d'immenses plages se découvrent puis disparaissent sous les flots. Les pêcheurs à pied y vivent un âge d'or, accédant à des zones riches en coquillages normalement inaccessibles.
Le Mont-Saint-Michel illustre parfaitement cette démesure. Lors des coefficients supérieurs à 110, la mer remonte à une vitesse impressionnante, transformant le mont en île plusieurs fois par jour. Les visiteurs qui s'aventurent dans la baie sans guide risquent littéralement leur vie : le sable mouvant, les brumes soudaines et la rapidité de la marée montante forment un cocktail dangereux.
La forme en entonnoir de la Manche amplifie naturellement l'amplitude des marées. Plus on remonte vers l'est du Cotentin, plus le phénomène s'intensifie. Les courants de marée y sont d'une puissance redoutable : le raz Blanchard, entre le cap de la Hague et l'île d'Aurigny, génère des tourbillons capables de désorienter même les navires motorisés. Les plaisanciers expérimentés consultent scrupuleusement les atlas de courants avant de s'y aventurer.
La façade atlantique française affiche des marnages importants mais légèrement inférieurs à ceux de la Manche. De La Baule à Biarritz, on observe généralement des variations de 4 à 6 mètres lors des grandes marées, atteignant 7 à 8 mètres en Bretagne sud (Quiberon, Belle-Île).
Ces marées atlantiques font le bonheur des surfeurs. Les spots vendéens et aquitains fonctionnent différemment selon les coefficients et les horaires. Hossegor, La Gravière, Les Estagnots... chaque vague possède sa fenêtre de marée idéale. Les locaux le savent : arriver au bon moment sur le bon spot peut transformer une session moyenne en ride mémorable.
La pêche à pied y est également une institution. Le bassin d'Arcachon, avec ses parcs à huîtres et ses bancs de sable qui découvrent à marée basse, offre un terrain de jeu exceptionnel. Les professionnels ostréicoles organisent d'ailleurs tout leur travail autour des cycles de marée : les huîtres ne peuvent être visitées et entretenues que durant les quelques heures quotidiennes où les parcs sont accessibles à pied.
Surprise pour les non-initiés : la Méditerranée connaît bien des marées, mais d'amplitude réduite. Le marnage dépasse rarement 30 à 40 centimètres, sauf situations météorologiques exceptionnelles. Cette faiblesse s'explique par la configuration fermée de cette mer presque intérieure : l'onde de marée provenant de l'Atlantique s'atténue considérablement en franchissant le détroit de Gibraltar.
Résultat : sur la Côte d'Azur, à Marseille ou à Montpellier, les horaires de marée ont peu d'importance pratique pour les plaisanciers et les baigneurs. Les variations de niveau proviennent davantage de la pression atmosphérique, du vent et des seiches (oscillations du plan d'eau) que de l'attraction lunaire.
Cela ne signifie pas pour autant que la mer y est prévisible. Les coups de mer brutaux, le mistral qui souffle à 100 km/h, la tramontane... les conditions maritimes méditerranéennes peuvent changer du tout au tout en quelques heures. La prudence reste de mise, avec ou sans marée.
Les territoires d'outre-mer français présentent une palette variée de phénomènes marégraphiques. En Guyane, le marnage atteint 2 à 3 mètres sous l'influence de l'estuaire de l'Amazone, situé à proximité. Les mangroves s'adaptent à ce rythme biquotidien, abritant une biodiversité exceptionnelle.
À l'inverse, les îles des Antilles (Martinique, Guadeloupe) et les territoires du Pacifique (Polynésie, Nouvelle-Calédonie, Wallis-et-Futuna) connaissent des marées de faible amplitude, généralement inférieures à 50 centimètres. L'océan ouvert et la configuration insulaire limitent l'amplification du phénomène.
Mayotte et La Réunion, dans l'océan Indien, affichent également des marnages modestes. Les lagons coralliens se remplissent et se vident au gré des marées, modifiant légèrement les conditions de navigation et de plongée. Les passes dans les récifs requièrent une attention particulière aux horaires, même si les variations restent limitées.
Chaque activité littorale possède ses propres exigences en matière de marée. Voici un guide pratique pour optimiser vos sorties.
La pêche à pied récréative séduit des millions de Français chaque année. Mais attention, cette pratique obéit à une réglementation stricte qu'il faut absolument respecter. Première règle : consultez les arrêtés préfectoraux locaux qui fixent les tailles minimales de capture, les quotas autorisés et les zones interdites (pollution, reproduction).
Les horaires idéaux ? Commencez deux heures avant la basse mer pour profiter du maximum de temps sur l'estran. Les coefficients supérieurs à 90 donnent accès aux zones habituellement immergées, là où se concentrent les plus beaux spécimens. Un coefficient de 110 lors d'un équinoxe offre des conditions exceptionnelles : la mer descend très bas, découvrant des secteurs rarement accessibles.
Équipement indispensable : des bottes montantes, un râteau ou une griffe pour les coques et palourdes, un crochet pour déloger les bigorneaux, un panier ajouré pour le transport. N'oubliez jamais une montre étanche ou votre smartphone pour surveiller l'heure du retournement de marée. Prévoyez systématiquement une marge de sécurité : quittez l'estran au minimum une heure avant la pleine mer.
Les spots les plus productifs ? Les baies sableuses pour les coques et palourdes, les zones rocheuses pour les moules et bigorneaux, les herbiers de zostères pour les couteaux. Observez les trous d'eau et les rochers isolés : ils abritent souvent crabes et crevettes. Respectez l'environnement : retournez les pierres délicatement, ne prélevez que les quantités autorisées, laissez les juvéniles et les femelles œuvées.
Pour les plaisanciers, calculer la hauteur d'eau disponible sous la quille n'est pas un luxe, c'est une nécessité vitale. Échouer son voilier sur un haut-fond à cause d'un mauvais calcul de marée reste l'une des avaries les plus courantes... et les plus évitables.
La méthode classique utilise la règle des douzièmes. Le principe : la marée ne monte pas (ni ne descend) de manière linéaire. Durant les six heures d'un cycle, l'eau se déplace selon ce rythme : 1/12e du marnage la première heure, 2/12e la deuxième, 3/12e la troisième, 3/12e la quatrième, 2/12e la cinquième, 1/12e la sixième. Le maximum de vitesse se produit donc à mi-marée, moment où la prudence s'impose particulièrement.
Exemple pratique : vous naviguez vers un port où la basse mer affiche 2 mètres et la pleine mer 8 mètres. Le marnage est donc de 6 mètres. Trois heures après la basse mer (mi-marée), vous aurez : 2 m + (1+2+3)/12 × 6 m = 2 + 3 = 5 mètres d'eau. Si votre bateau tire 1,80 m, vous disposez d'une marge confortable.
Les passes d'entrée de port méritent une attention redoublée. Certaines ne sont praticables qu'à mi-marée montante ou plus. Les guides nautiques locaux indiquent ces restrictions. Ne les prenez jamais à la légère : un échouage en travers dans une passe balayée par le courant peut tourner au drame.
La météo influence également les hauteurs d'eau réelles. Une forte pression atmosphérique (anticyclone) abaisse le niveau de 15 à 20 cm par rapport aux prévisions. À l'inverse, une dépression le rehausse. Un vent de terre soutenu (soufflant vers le large) peut empêcher la mer de monter normalement, tandis qu'un vent du large la pousse vers la côte. Intégrez toujours une marge de sécurité d'au moins 50 cm.
Le surf entretient une relation intime avec les marées. Chaque spot fonctionne différemment : certains produisent leurs meilleures vagues à basse mer, d'autres à mi-marée montante, d'autres encore à pleine mer. Les surfeurs locaux connaissent par cœur ces subtilités et arrivent pile au bon moment.
Les grandes marées génèrent généralement des vagues plus puissantes et creuses, recherchées par les riders expérimentés. Les bancs de sable se déplacent après chaque grosse marée, modifiant la configuration du spot. À l'inverse, les petites marées (mortes-eaux) offrent des conditions plus douces, idéales pour débuter ou pour les longboards.
Le kitesurf et la planche à voile apprécient les coefficients moyens à élevés. Les grandes marées créent des courants plus forts, certes, mais elles découvrent aussi de vastes plans d'eau peu profonds parfaits pour la pratique. Les lagunes et les baies sableuses deviennent des playgrounds géants à marée basse. Attention toutefois aux horaires : certains spots deviennent impraticables à basse mer (trop peu d'eau) ou à pleine mer (trop proche de la digue).
Le stand-up paddle (SUP) se pratique idéalement lors des mortes-eaux ou en début de cycle de marée. Les courants faibles facilitent la navigation, particulièrement appréciable pour les randonnées en SUP. Profitez de l'étale de basse mer ou de pleine mer, ces courts moments où l'eau cesse de monter ou descendre et où les courants s'annulent. Vingt minutes de navigation tranquille avant que le flot ou le jusant ne reprenne.
Les marées orchestrent la vie littorale. À chaque basse mer, l'estran se transforme en terrain d'observation exceptionnel pour les naturalistes amateurs ou confirmés. Les oiseaux marins l'ont bien compris : sternes, goélands, huîtriers-pies et bécasseaux se rassemblent par centaines dès que la mer découvre bancs de sable et vasières.
Les grandes marées révèlent des écosystèmes normalement immergés. Dans les zones rocheuses, les anémones de mer se rétractent, les moules ferment leurs valves, les bernard-l'ermite se réfugient sous les algues humides. Attendez quelques minutes, observez attentivement : la vie reprend progressivement. Un crabe émerge d'une anfractuosité, une crevette transparente traverse une flaque, un petit poisson prisonnier d'une cuvette cherche une issue.
Les herbiers de zostères, ces prairies sous-marines, deviennent accessibles lors des coefficients élevés. Ils abritent une biodiversité remarquable : seiches, hippocampes (dans certaines régions), juvéniles de poissons... Un spectacle fascinant, mais fragile. Marchez délicatement, évitez de piétiner les zostères qui stabilisent les fonds et servent de nurserie à de nombreuses espèces.
Les mares résiduelles créées à marée basse constituent de véritables aquariums naturels. Munissez-vous d'un seau transparent ou d'une boîte-loupe pour observer sans manipuler. Après observation, remettez chaque organisme exactement là où vous l'avez trouvé. Ne prélevez rien, ne dérangez rien : le respect de ce milieu garantit sa préservation pour les générations futures.
Lire un annuaire de marées ne s'improvise pas. Voici les clés pour interpréter correctement les prévisions et adapter vos activités.
Un tableau de marées indique pour chaque jour deux informations essentielles : les horaires de pleine mer (PM) et basse mer (BM), accompagnés des hauteurs d'eau correspondantes et du coefficient. Prenons un exemple concret : "PM 08h42 - 7.20m / BM 14h53 - 1.80m / Coefficient 95".
Décryptage : la pleine mer survient à 8h42 du matin avec une hauteur d'eau de 7,20 mètres. Six heures plus tard environ, à 14h53, c'est la basse mer avec seulement 1,80 mètre d'eau. Le marnage (différence entre les deux) atteint donc 5,40 mètres. Le coefficient de 95 indique une vive-eau, donc une forte amplitude.
Attention au fuseau horaire : les horaires sont généralement donnés en heure légale française (UTC+1 en hiver, UTC+2 en été avec l'heure d'été). Vérifiez toujours ce détail, surtout au moment des changements d'heure en mars et octobre. Une erreur d'une heure peut avoir des conséquences graves pour la navigation ou la pêche à pied.
Les hauteurs sont exprimées en mètres par rapport au zéro hydrographique, un niveau de référence conventionnel choisi suffisamment bas pour que les sondes indiquées sur les cartes marines restent valables même lors des plus basses mers. Concrètement, ce zéro correspond approximativement au niveau des plus basses mers astronomiques possibles.
Cette règle empirique, déjà évoquée pour la navigation, s'applique à de nombreuses situations. Elle permet d'estimer la hauteur d'eau à n'importe quel moment entre deux pleines mers. Le principe repose sur une observation : la mer ne monte ni ne descend de façon uniforme. Le mouvement s'accélère en milieu de cycle puis ralentit aux extrémités.
Reprenons notre exemple : marnage de 5,40 mètres sur six heures. À 10h42 (deux heures après la pleine mer, donc début de jusant), combien reste-t-il d'eau ? Calcul : 7,20 m - (1+2)/12 × 5,40 = 7,20 - 1,35 = 5,85 mètres. La mer a donc baissé de 1,35 mètre en deux heures.
Cette règle fonctionne bien sur les côtes françaises où la marée suit un rythme semi-diurne régulier (deux pleines mers et deux basses mers par jour). Elle devient moins précise dans les zones à marée mixte ou en présence de phénomènes locaux importants (courants, configuration du port). Pour une précision maximale, consultez les logiciels de navigation ou les applications spécialisées qui intègrent tous ces paramètres.
Les prévisions de marées sont des prédictions astronomiques. Elles ne prennent pas en compte les conditions météorologiques qui peuvent modifier sensiblement les niveaux d'eau réels. La pression atmosphérique joue un rôle majeur : chaque millibar d'écart par rapport à la pression standard (1013 hPa) décale le niveau de 1 centimètre.
Un anticyclone puissant à 1030 hPa abaisse donc le niveau de 17 cm par rapport aux prévisions. À l'inverse, une dépression tempétueuse à 980 hPa le rehausse de 33 cm. Ces écarts peuvent sembler modestes, mais ils font toute la différence dans un chenal étroit ou pour un voilier qui cherche à franchir une barre.
Le vent ajoute sa pierre à l'édifice. Un vent de terre soutenu (soufflant du continent vers la mer) empêche la marée de monter normalement, créant une surcote négative. Un vent du large (de la mer vers la terre) produit l'effet inverse en poussant l'eau vers la côte. Lors des tempêtes, ces phénomènes s'amplifient : on parle de surcote ou décote météorologique, pouvant atteindre 50 cm à 1 mètre dans les cas extrêmes.
Dernier élément perturbateur : la houle. Des vagues de forte amplitude peuvent temporairement élever le niveau moyen de l'eau sur la côte. Ce phénomène appelé "wave setup" devient significatif lors des tempêtes. Combinez une grande marée, une forte dépression et une houle puissante : vous obtenez les ingrédations parfaites pour des submersions côtières, comme on en observe régulièrement sur l'Atlantique en hiver.
La Terre subit deux forces opposées : l'attraction lunaire côté Lune, et la force centrifuge côté opposé. Résultat : deux bourrelets d'eau se forment simultanément aux antipodes l'un de l'autre. Lorsque la Terre tourne sur elle-même, chaque point de la côte passe successivement sous ces deux bourrelets, créant deux pleines mers en environ 24h50 (la Lune avance également sur son orbite, d'où le décalage quotidien de 50 minutes).
Absolument ! Les marées dépendent exclusivement de paramètres astronomiques parfaitement calculables : position de la Lune, du Soleil, inclinaison des orbites... Les scientifiques établissent des prévisions fiables sur des décennies. Vous pouvez dès aujourd'hui connaître les horaires de marée pour 2030 ou 2040 avec une précision de quelques minutes. Seules les conditions météorologiques, imprévisibles à long terme, peuvent décaler légèrement ces prévisions le jour J.
La baie de Fundy au Canada détient le record absolu avec des marnages atteignant 16 mètres. La forme en entonnoir de cette baie amplifie démesurément le phénomène. En France, le Mont-Saint-Michel affiche jusqu'à 14 mètres lors des plus grands coefficients, ce qui en fait le spot européen le plus spectaculaire. À l'opposé, la Méditerranée connaît des marées quasi imperceptibles, rarement supérieures à 40 centimètres.
Énormément. Les poissons adaptent leur comportement aux cycles de marée. Les prédateurs (bars, lieus) chassent activement à mi-marée montante lorsque les courants déplacent les poissons-fourrages. La basse mer concentre les poissons dans les fosses et chenaux résiduels, facilitant leur localisation. Les grandes marées brassent les sédiments et libèrent de la nourriture, déclenchant des frénésies alimentaires. Les pêcheurs pros connaissent ces patterns par cœur et organisent leurs sorties en conséquence.
Deux facteurs principaux : la géographie locale et les effets de résonance. Un golfe en forme d'entonnoir amplifie naturellement l'onde de marée (cas de la Manche). Les mers fermées comme la Méditerranée étouffent le phénomène. La profondeur des fonds joue également : l'onde de marée se propage différemment en eau peu profonde. Enfin, certaines baies possèdent une fréquence de résonance naturelle qui amplifie les oscillations, produisant des marées géantes.
Théoriquement oui, pratiquement rarissime. Le coefficient 120 correspond à la marée théorique maximale atteignable lorsque la Lune et le Soleil sont parfaitement alignés avec la Terre (syzygie), la Lune à son périgée (point le plus proche de la Terre) et lors d'un équinoxe. Cette conjonction exceptionnelle se produit très rarement. En pratique, les coefficients supérieurs à 115 sont déjà remarquables et n'apparaissent que quelques fois par siècle.
Les marées elles-mêmes (le phénomène astronomique) restent inchangées. En revanche, l'élévation du niveau moyen des océans due au réchauffement climatique rehausse de facto les pleines mers. Une grande marée qui atteignait 7 mètres il y a 50 ans atteint désormais 7,20 mètres. Cette surélévation, combinée à l'augmentation de la fréquence et de l'intensité des tempêtes, accroît considérablement les risques de submersion côtière et d'érosion littorale.
Non, toutes les étendues d'eau subissent l'attraction lunaire et solaire. Mais certaines zones affichent des marées si faibles qu'elles sont négligeables. C'est le cas de la Méditerranée (marée de 20 à 40 cm), de la mer Baltique, et de la plupart des grands lacs (où la marée existe mais se mesure en millimètres). À l'inverse, aucun océan n'échappe aux marées : même en plein Pacifique, loin de toute côte, le niveau varie de 30 à 50 centimètres toutes les six heures.
Oui, c'est l'énergie marémotrice. La France exploite ce potentiel depuis 1966 avec l'usine marémotrice de la Rance, près de Saint-Malo, qui produit environ 500 GWh par an grâce aux courants de marée. Le principe : turbiner l'eau lors du remplissage et de la vidange du bassin. D'autres projets existent (hydroliennes sous-marines), mais les contraintes techniques et environnementales freinent le développement massif de cette énergie renouvelable pourtant parfaitement prévisible.
La pêche à pied récréative ne nécessite pas de permis, mais elle est strictement réglementée. Chaque département littoral publie des arrêtés préfectoraux fixant les tailles minimales de capture, les quotas (souvent 5 kg par personne et par jour), les outils autorisés et les zones interdites temporairement (pollution, reproduction). Le non-respect de ces règles expose à des amendes significatives. Consultez systématiquement la réglementation locale avant de partir et respectez scrupuleusement les consignes : c'est la garantie de préserver la ressource pour l'avenir.
Cette échelle, spécifique à la France, a été créée en 1839 par l'ingénieur hydrographe Chazallon. Il cherchait un système simple pour quantifier l'amplitude des marées. Il a choisi arbitrairement 100 comme référence pour les vives-eaux moyennes d'équinoxe à Brest, et construit une échelle de 20 à 120. Ce coefficient n'a aucune signification physique directe, c'est juste un indicateur pratique adopté par usage et resté depuis. À l'étranger, on utilise généralement le marnage en mètres, plus universel mais moins parlant pour le grand public.
Absolument ! De nombreuses espèces ont développé des rythmes biologiques calés sur les cycles de marée. Les moules s'ouvrent et se ferment selon que l'eau monte ou descend, même si on les place en aquarium sans variation de niveau. Certains crabes sortent de leurs cachettes uniquement à marée haute. Les oiseaux limicoles (bécasseaux, courlis) organisent leur recherche de nourriture autour des horaires de basse mer. Cette synchronisation biologique, fruit de millions d'années d'évolution, fascine les scientifiques qui y voient un exemple parfait d'adaptation au milieu marin.
Privilégiez les coefficients supérieurs à 90 pour accéder aux zones habituellement immergées riches en coquillages : coques, palourdes, huîtres.
Les marées de morte-eau (coefficient 40-70) offrent des conditions calmes avec peu de courant, parfaites pour les enfants et la détente.
Les grandes marées génèrent des vagues plus puissantes. Les surfeurs expérimentés recherchent les coefficients élevés pour les meilleurs spots.
Consultez impérativement les horaires pour franchir les passes étroites et éviter les échouages. Les forts coefficients intensifient les courants.
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